Chronique #2 : Escapade à Bécherel, la cité du livre

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Jardin d’Eden ou caverne d’Ali Baba pour amoureux des livres : ce sont toutes ces expressions à la fois qui peuvent qualifier ce petit village. Niché à 30 min de la ville étudiante de Rennes, en Bretagne, ce bout de paradis pour férus des mots se laisse découvrir le temps d’une journée. Retour en images et en mots sur ce voyage dominical hors du commun.

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Un charmant village de bouquinistes.

C’est avec ces mots qu’elle m’avait convaincue que cet endroit méritait le détour. Profitant d’un court séjour estival en famille dans la ville de Rennes, on décide d’un commun accord de nous y rendre. Voitures chargées et voilà que nous parcourons pendant une trentaine de minutes des champs de maïs, des petites villes et villages dont les noms m’échapperont à coup sûr. De la verdure à perte de vue et un calme, une brise qui font du bien après les semaines de canicule.

Un simple panneau indique « Bécherel la Cité du Livre ». Les voitures garées, on s’attend à du grandiose, mais on vit qu’un ensemble de maisons, tout ce qui peut sembler de plus banal. Mais c’était sans compter sur cette maligne qui renferme ses trésors et laisse simplement le temps de se faire découvrir par des promeneurs curieux et informés. Un « banal » chemin de pierres, quelques escaliers plus tard et on voit la sublime. Quelque chose d’indescriptible. Elle dévoile enfin son cachet. Alors ironiquement pour ce village, le vieux dicton prend tout son sens :

« On ne juge pas un livre à sa couverture »

Quelques arrêts sur une sélection d’images vous offriront, je l’espère, une partie de ses délices.

Bécherel, arrêt sur image n°1 : la librairie Sedon

La librairie Sedon nous offre la première un aperçu grand format de ce paradis pour amoureux des livres. Des livres et des mots de toutes sortes : des formats poches, des encyclopédies, des livres soigneusement reliés, des estampes, des affiches, vestiges témoins d’un passé loin d’être glorieux (des guerres sanglantes à la colonisation…).

Après avoir fait le tour des étagères et des bacs de livres, nous repartons tous avec notre mini trésor personnel acheté au libraire passionné. Il est assis à son bureau d’une autre époque, où ni carte bancaire ni ordinateur n’auront raison de ce lieu.

Bécherel, arrêt sur image n°2 : les almanachs anciens

Une odeur de vieux livres et de bois ancien nous accueille chez cet antiquaire. Des livres qui couvrent des pans de murs entiers. Une pièce si sombre à l’état brut qu’une bonne dizaine de lampadaires doivent l’éclairer pour qu’on puisse y circuler.

Des chaises tout autour d’une table couverte de pépites livresques qui semblaient dire : « Installez-vous confortablement et dévorez-nous ».

C’est en parcourant des yeux le meuble portant les livres pour enfants (Vous vous souvenez de Boule & Bill ?) que je tombe sur cette série d’almanachs. 1929. Comme un voyage dans le temps, où j’essaye de m’imaginer qui avait bien pu tenir ces calendriers, à qui il avait bien pu indiquer le temps et régir le quotidien.

Bécherel, arrêt sur images n°3 : l’atelier calligraphie, le chat et le passionné d’encre

Un léger air de jazz, une luminosité donnant de son éclat à des tableaux singuliers, et me voilà dans un atelier de calligraphie où se côtoient lettres soigneusement formées, aquarelles et le passionné propriétaire. Un félin lui aussi maître des lieux complète le tableau à merveille. Mes yeux parcourent toute la pièce et je tombe sur ces mots si finement formés : « Chaque désordre t’apprend une force ».

Le calligraphe professionnel nous distille des anecdotes à l’autre visiteuse et moi-même. J’y ai appris qu’en trente ans, on est passés d’une douzaine de calligraphes à plus d’une centaine en France. Fait qui pousse ce professionnel, loin de se décourager, à se renouveler, nous assure-t-il. Vive les créatifs !

Bécherel, arrêt sur images n°4 : le café-librairie Ulysse à l’ouest

Une halte pour se désaltérer tombe à pic. Dans ce café singulier, les cliquetis des tasses de café et de thé cohabitent avec des piles de livres, placés sur des murs parés de leurs plus beaux habits.

Des pâtisseries maison, des tasses d’infusions aux arômes tantôt doux, tantôt énivrants, l’odeur du café fumant : on refait le monde pendant cette pause, prolongeant ce voyage sensoriel à merveille.

Bécherel, arrêt sur images n°5 : une cabane atypique

Alors qu’on ressort de la pause café-thé-gâteaux et que notre visite nous semble sur le point de s’achever, nous apercevons une magnifique vallée. Les garçons de notre expédition dévalent la pente bordée par des noisetiers, sans tergiverser. Ils y découvrent un endroit qui vaut le détour, nous assurent-ils.

On est tous titillés par la curiosité, et aidés de leurs grands bras (vous ai-je déjà dit que je suis une piètre sportive ?) nous nous y rendons. Nous y découvrons un lavoir, un ancien lieu social chargé d’histoire.

Tandis qu’on y fait le plein de prises de vues, un habitant fort sympathique nous invite à prolonger la balade pour y découvrir une « cabane atypique«  . Il a l’air sincère (Bah quoi ? Il aurait pu être un sombre tueur en série avec toujours le même processus pour attirer ses victimes non ?) donc on suit son idée. Encore une bonne dizaine de minutes de marche éprouvantes pour une arthrose de jeunesse naissante (oui, oui ça existe) et on arrive à la cabane.

Et quelle découverte ! Elle est située en face d’un lac. La surprise est de découvrir que c’est la reconstitution de celle d’un célèbre écrivain, Henry David Thoreau, en référence à son expérience dans la nature et à son ouvrage Walden ou la vie dans les bois. Une exposition y a été consacrée en 2017. Bref, on a envie de s’y perdre encore quelques heures, c’était magique.

Croyez-vous que les maisons et les lieux ont une âme ? Bécherel, la cité du livre en est une des preuves vivantes.

© Crédit photos et illustration : Yas VB. Tous droits réservés.

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